#BrissCareer
Il y a des carrières qui ressemblent à des trajectoires. Celle d’Alexandre Siewe en est une. Droite, cohérente, portée par une conviction qui n’a jamais vacillé : en Afrique, la communication n’est pas un accessoire du pouvoir. Elle en est le fondement.
En mai 2026, le communicant et stratège camerounais a été nommé Senior Advisor in charge of Communications Division au Secrétariat de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), basé à Accra, au Ghana. Une nomination qui ne surprend personne — ou plutôt, qui ne surprend que ceux qui ne suivent pas.

Alexandre Siewe rejoint le Secrétariat de la ZLECAf comme Senior Advisor in charge of Communications Division.
De la radio au continent
Tout commence à Paris, dans les couloirs de Radio France Internationale et de Jeune Afrique, où le jeune Alexandre Siewe apprend le métier là où il se forge vraiment : dans l’urgence de l’information, la rigueur du fond, l’exigence du récit.
Il passe par le Centre de Formation des Journalistes (CFJ Paris), complète son parcours à l’Université Paris 13, à la Sorbonne Nouvelle, et à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée en Communication des Entreprises et Organisations.
Mais c’est l’Afrique qui le rappelle. Et c’est à Douala qu’il construit la suite.
Bâtir, institution après institution
Chez AES-Sonel, dans un contexte de crise énergétique majeure, il conçoit et déploie le premier plan de communication globale de l’entreprise — faisant passer la couverture médiatique positive de 15 à 60 %. Pas une communication de façade. Une architecture de réputation, construite pierre par pierre.
Il rejoint ensuite ENEO Cameroun comme Directeur Marketing et Communications, membre du comité exécutif.
Puis vient Le Caire. La Confédération Africaine de Football (CAF), une institution continentale où Alexandre Siewe approfondit son expérience des environnements multiculturels et des dynamiques panafricaines complexes.

Alexandre Siewe lors de son parcours à la Confédération Africaine de Football (CAF).
Le Strategor entre en scène
De retour sur le continent, il fonde KLM Media & Associates, co-fonde ABK Radio — distingué projet média de l’année 2019 — et prend la direction stratégique d’Hémisphère Africa, le plus grand producteur de contenus panafricains francophones, opérant sur plusieurs marchés simultanément.
En parallèle, il crée IA For Africa Initiatives, une association engagée dans la promotion de l’intelligence artificielle comme outil de développement durable sur le continent. Parce qu’Alexandre Siewe a compris avant beaucoup que la prochaine bataille africaine se jouera aussi dans les données, les algorithmes et les récits numériques.
Il se définit lui-même comme « Le Strategor » — celui qui structure ce qui influence et ce qui compte, pour les décideurs africains. Le titre est mérité.
Un profil construit pour cette fonction-là
Ce que le parcours d’Alexandre Siewe rend lisible, c’est précisément la construction d’une compétence qui combine trois registres rarement réunis chez un même professionnel.
Le registre des institutions sous pression, d’abord. AES-Sonel puis ENEO Cameroun, où il pilote pendant quatre années la fonction Marketing et Communications au sein du comité exécutif d’une infrastructure énergétique nationale dans un contexte de crise récurrente. La communication y est exercée non comme habillage, mais comme variable de stabilisation. C’est là que se forge ce qu’il appellera plus tard la communication de crise comme fonction de gouvernance.
Le registre panafricain, ensuite. Quatre années à la Confédération Africaine de Football, au Caire, à la direction de la communication. 54 fédérations membres, trois langues de travail, une institution en reconstruction d’autorité après une période de fragilisation réputationnelle. L’apprentissage du multilatéral africain, du travail avec des gouvernances composites, des audiences sportives, politiques et médiatiques superposées.
Le registre du conseil et de l’architecture éditoriale, enfin. Fondation d’IA for Africa Conseils, structuration de l’Institut Africain de l’Intelligence Artificielle, direction stratégique chez Hemisphere Media Production, formalisation d’une méthodologie propriétaire — le Système AS — et d’un corpus éditorial autour de la communication de crise. C’est dans ce registre que se construit la signature “Le Strategor” , qui dépasse l’exercice individuel pour devenir une plateforme de référence sur la gouvernance du récit en Afrique francophone.
Trois registres, une cohérence. La ZLECAf, qui a besoin simultanément de stabilité institutionnelle, de capacité à dialoguer avec un continent composite et d’une signature stratégique forte, recrute exactement le profil que ces trois registres assemblent.
Ce que la communication d’intégration continentale exige
Communiquer pour la ZLECAf pose des problèmes inhabituels pour un communicant. Comment rendre intelligible, pour un commerçant de Cotonou, un protocole de règles d’origine ? Comment transformer une harmonisation douanière en récit d’opportunité ? Comment porter un projet panafricain dans des espaces médiatiques nationaux structurés par des agendas politiques internes ? Comment articuler la diplomatie économique avec la pédagogie économique sans dégrader l’une ni l’autre ?
Ces questions n’ont pas de réponse standard. Elles appellent un cadre d’intervention construit, une lecture politique des asymétries entre États parties, et une capacité à séquencer la prise de parole en fonction des cycles de négociation et des cycles d’opinion. C’est précisément cette compétence qu’un profil de Senior Advisor doit apporter.
Un signal pour l’écosystème
Vingt ans de terrain, des institutions publiques aux multinationales, du local au continental. Une méthode. Une vision. Une capacité rare à tenir les deux extrémités du fil : la stratégie de haut niveau et l’intelligence du contexte africain.
Il y a, dans cette nomination, un signal qui dépasse le sujet. Les organisations panafricaines de premier plan recrutent désormais leurs cadres de communication au même standard d’exigence que les multilatérales globales. Le recrutement se fait sur la base d’une démonstration de méthode, d’un corpus, d’une capacité à conduire des fonctions stratégiques dans des environnements composites.
Cela installe une référence pour la profession. Le communicant africain de haut niveau n’a plus à se positionner par rapport à une grille importée. Il dispose désormais, dans des institutions de l’envergure de la ZLECAf, d’espaces où exercer pleinement sa compétence et la faire reconnaître.
Reste à observer, dans les mois qui viennent, comment cette fonction sera exercée, quelle stratégie de communication sera déployée à l’horizon 2028, et quelle signature institutionnelle prendra la ZLECAf dans le paysage panafricain. C’est cette observation, plus que la nomination elle-même, qui dira la portée réelle de cette séquence.
Une chose, elle, semble déjà acquise : la communication africaine occupe désormais sa place aux plus hautes tables de décision du continent.
Félicitations, Alexandre Siewe.
#BrissCareer #ZLECAf #AfCFTA #Communication #Cameroun #Afrique #PersonalBranding #Leadership #SoftPower #BrissMagazine
Commentaires


